La Malogne
Vous voici arrivés à mi‑parcours.
Besoin de repos ? N’hésitez pas à utiliser les bancs mis à votre disposition.
Sportifs ? Installez‑vous au banc d’abdominaux situé dans l’herbe.
Une fois votre souffle repris, prenez le temps d’observer les lieux qui vous entourent. Vous êtes loin d’imaginer ce qui se cache sous vos pieds et derrière la porte située au bout du parking.
Le saviez-vous ?
La Malogne est à la fois :
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une réserve naturelle domaniale classée depuis 1987
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un site mémoriel de la résistance
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un site archéologique
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et une ancienne exploitation de craies phosphatée
La craie de La Malogne
Imaginez-vous au même endroit il y a 65 millions d’années … une mer chaude recouvre encore ce qui sera plus tard l’Europe. Petit à petit, des débris squelettiques d’algues planctoniques et de petits organismes marins se sont agrégés pour former une roche calcaire, poreuse et friable : la craie !
De 1877 à 1925, s’est tenu ici une exploitation de craies phosphatées témoignant de cette géologie du crétacé. Ce site s'étale sur 2 km de long et 450 m de large. Sous nos pieds, 260 km de galeries s'enfoncent sous une trentaine de mètres de profondeurs. Mais alors à quoi servait cette craie phosphatée ?
L’utilité de la craie est bien plus vaste que son usage scolaire. Son premier usage, attesté dès l’antiquité, concerne la construction puisqu’on en faisait de la chaux. Cuesmes disposait de plusieurs four à chaux ce qui a donné le nom de la rue des chauffours. La craie servira aussi dans la verrerie, la céramique, la chimie et l’agriculture, utilisée comme engrais comme ici à Cuesmes..
Si les craies de la Malogne sont dans toutes les mémoires collectives, peu de Cuesmois savent encore qu’il y a eu une dizaine d’exploitation dans notre commune au cours de la seconde moitié du 19e siècle, de la Malogne à la Voie de Wasmes en passant par la rue des champs et le long du chemin de Bavay (Scoufflaire, Van Roy & Courtois, Heidet-Legrand,Quintens etc.). Mais une fois les couches de craies blanches phosphatées épuisées, beaucoup renoncèrent à aller plus loin car exploiter la couche suivante, la craie grise, demandait d’investir dans des installations d’enrichissement. Voilà pourquoi bon nombre de ces compagnies n’ont été en activité que quelques années et n’ont pas imprimé la mémoire collective.
De 1920 à 1950 les galeries furent transformées en champignonnières.
VIDEO TEMOIGNAGE

Une réserve naturelle domaniale
C'est simple : avec 1432 spécimens recensés en 2024, appartenant à 10 espèces différentes (sur les 23 connues en Belgique !), nous voici en réalité sur le 2ème plus grand site d'hibernation de chauves-souris de Wallonie et l'un des plus importants de Belgique !
Sujet de fantasmes honteusement mensongers dans les récits qui, malheureusement, perdurent au fil des siècles, les chauves-souris sont nos précieux alliés dans la guerre contre les moustiques (dont certains transmettent des maladies à l'homme comme le moustique tigre). Une PIPISTRELLE mange par exemple jusqu'à la moitié de son poids par nuit soit environ 3000 insectes !
Pourquoi ces chauves-souris sont-elles présentes à la Malogne ? Parce qu'il y fait bon vivre, tout simplement ! Ces galeries abandonnées de 6,05 ha offrent des conditions de températures stables en hiver comprises entre 1 et 10°.
Les chauves-souris de la Malogne : le grand murin, le murin à oreilles échancrées/de Brandt/de Daubenton/de Natterer/des marais/de Bechstein, le grand rhinolophe, l'oreillard gris et la pipistrelle.

Un site mémoriel
Inauguré en 1970, le Monument de la Malogne a été créé en récupérant des chutes de pierres de l’ancienne église Saint-Remy. Elles furent taillées par une famille de tailleurs de pierre bien connue à Cuesmes : les Bermils.
Les galeries ont servi de refuge et de haut lieu de la résistance. Le dimanche 3 septembre 1944, un jour avant la libération de Mons, la barbarie nazie sévissait une dernière fois. Des américains, en reconnaissance, s’installèrent dans le clocher de l’église et repèrent de l’activité du côté de la Malogne.
Deux petits groupes de résistants vont intervenir. Le premier remonte la rue de Frameries et essuie des coups de feu au pont du chemin de fer tandis que le second emprunte en camion la rue de l’Espinette pour prendre à revers l’ennemi qui fuit le long de la voie ferrée par le chemin de la Malogne. Des échanges de tirs s’ensuivent. Virgile Beillard et Henri Delaunois perdirent la vie tout comme Evariste Beauvois,Léopold Bolette, Jean et Albert Decrucq , Leon Delhaye et Wadislas Kunysz à d’autres endroits de la localité.

Un site mémoriel
Saviez-vous que l’on a retrouvé des dinosaures à la Malogne ? Deux Mosasaurus Conodon, des dinosaures marins d’une dizaine de mètres de long datant de la fin du crétacé ! Ils sont stockés quelque part au musée des sciences naturelles de Bruxelles. D’autres fossiles sont toujours visibles dans les galeries souterraines : des coquillages, des bélemnites et même .. une tortue !

Le parcours artistique
La Malogne est donc avant tout une réserve naturelle et un lieu de mémoire. C’est pourquoi il faut doublement respecter ces lieux, en laissant le moins de trace possible de son passage.
En reprenant votre chemin, vous découvrirez un parcours artistique installé de part et d’autre du RAVeL. Celui‑ci est le fruit d’un travail réalisé par des jeunes lors d’ateliers encadrés par les animateurs de l’ASBL Blanc Murmure. Les jeunes sont partis à la découverte des Trésors de Cuesmes et du paysage visible depuis le RAVeL.
Des idées au choix des thèmes, en passant par la réalisation des esquisses, ils vous invitent à contempler le paysage et les œuvres créées. Un véritable dialogue entre passé, présent et avenir, entre ici et ailleurs, où chaque œuvre laisse deviner des éléments du paysage.
Nous vous souhaitons une belle découverte.
Et pensez à vous prendre en photo devant, à côté ou derrière chaque œuvre.
#tresorscachesdecuesmes


